L’homme derrière la Ferme des Courmettes

Installée sur une réserve naturelle, préservée et protégée du même nom, la Ferme des Courmettes accueille deux structures d’élevage indépendantes :

  • Un élevage de brebis de race Préalpes du sud ou mourerous
  • Un élevage de chèvres pour la production de fromages Bio.

Nous  vous proposons de découvrir la ferme caprine avec  Bruno Gabelier : son histoire, ses produits, son évolution et ses perspectives de développement.

Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir éleveur/agriculteur ?

Devenir  éleveur, c’est d’abord le choix d’un mode de vie, réalisé à l’adolescence après des études d’agronomie. Ce qui m’intéressait c’était de vivre dans la nature, confrontée aux éléments et d’exploiter les ressources difficiles des Préalpes du Sud pour en faire des produits alimentaires de qualité.

Derrière ce choix, il y avait également l’envie de réactiver et réhabiliter une ferme abandonnée, un peu perchée en montagne.

Enfin, le métier d’éleveur a l’avantage d’être extrêmement complet et diversifié : il me permet ainsi de m’exprimer à travers les différentes facettes de mon corps, de sentir la nature et les animaux, de toucher aussi bien à la mécanique qu’à la maçonnerie, la comptabilité, la gestion et la communication.

Depuis combien de temps exercez-vous ce métier d’éleveur ?

Je suis installé à la ferme des Courmettes depuis le 31 décembre 1982. Ce qui fait près de 30 ans d’expérience dans le métier.

Comment a évolué votre métier au fil des années ?

Après différents stages et emplois dans l’élevage et la production de fruits du côté de Sisteron, je me suis d’abord installé avec des brebis pour la production d’agneaux, en reprenant le troupeau de l’éleveur précédant aux Courmettes, plus les 135 brebis que nous possédions. A partir de 1985, j’opte pour une association et le passage d’un élevage uniquement tourné vers les brebis à un élevage mixte brebis plus chèvres laitières. Quatre membres, soit deux couples, composaient le GAEC des Courmettes (Groupement agricole d’exploitation en commun).

En 1998, nouveau changement, nous avons scindé l’association en deux unités indépendantes : un élevage ovin toujours présent sur le Domaine dirigé par Didier Fischer,  je me suis spécialisé définitivement dans l’élevage caprin biologique, privilégiant une production extensive, en développant la vente directe et l’accueil à la ferme.

Combien de personnes travaillent à la ferme ?

Nous sommes deux à travailler à temps plein toute l’année : Françoise, salariée depuis 2006, et moi-même.

J’accueille régulièrement des stagiaires scolaires et des wwoofers du monde entier.

Quelles sont les activités que vous développez à la ferme ?

La pérennité de l’exploitation repose sur :

  1. La vente de fromages sur le lieu de production de février à novembre, tous les jours et toute la journée. Nous n’avons pas d’horaires précis, le matin ou la traite du soir vers 16h30 sont plus sûrs. N’hésitez pas à nous chercher à la chèvrerie, à la salle de traite ou à la fromagerie.
  2. La commercialisation de nos formages dans d’autres points de vente directe.
  3. La réception de groupes d’enfants ou adultes, centres aérés, écoles, associations, randonneurs, tour-opérateurs :

La réservation est indispensable.

Je conseille aux particuliers de venir au moment de la traite pour voir les chèvres de près, la traite…

Quels sont les différents types de produits commercialisés ?

Je vous propose:

Qu’est-ce qui fait la force de votre production fromagère ?

Mon expérience de 30 ans dans l’élevage, la fabrication de fromage et ma certification en agriculture bio témoignent de la qualité apportée aux fromages que je propose. C’est probablement ce qui a déjà séduit une clientèle de fidèles et des chefs renommés d’établissements hôteliers.
La réserve des Courmettes, haut lieu touristique très connu localement constitue également un bon facteur de visibilité auprès des consommateurs et touristes.

Où pouvons-nous trouver vos produits ?

Les produits de la Ferme des Courmettes sont disponibles sur place, au Marché de nos collines au Rouret et dans les commerces et restaurants à proximité de l’exploitation.

En quoi consistent les normes d’agrément Européen n°06-148-002 ?

L’agrément européen correspond aux normes sanitaires permettant de commercialiser plus de 30 % de la production en grande distribution, à plus de 50 km du lieu de fabrication, pour des volumes dépassant 300 litres de lait par jour. Ce sont les exigences les plus élevées en matière de normes sanitaires :

  • plan de la fromagerie agréé
  • plusieurs contrôles sur la qualité du lait et des fromages
  • respect du guide des Bonnes pratiques d’hygiène (GBPH)

Le numéro 06-148-002 est personnel : 06 désigne le département des Alpes-Maritimes et 148 la commune d’affiliation, Tourrettes-sur-Loup dans mon cas.

Quels sont les impératifs à respecter lorsque l’on est estampillé agriculture biologique ?

  • L’alimentation des chèvres doit être bio et privilégier les approvisionnements de proximité foin, grain… Sont bannis les compléments vitaminés et les aliments médicamenteux. Les chèvres doivent impérativement sortir dans les pâturages.
  • Le bâtiment doit offrir une surface de 1.5m² minimum par chèvre
  • Autre impératif : les traitements et soins apportés aux chèvres sont très encadrés et limités, avec des délais d’attente doublés en cas d’utilisation d’antibiotiques. Pour ma part, je n’emploie aucun antibiotique.
  • Il faut également utiliser des produits de lavage ou d’entretien homologués
  • Enfin, un contrôle sur factures de tous les achats de la ferme a lieu tous les ans.

Vous êtes président de la FDSEA, de la coopérative « le marché de nos collines » et membre de la Chambre d’agriculture des AM, président de la Commission aménagement du territoire.

Qu’est-ce qui explique votre présence dans ces différents organismes ?

Je me suis engagé depuis mon installation dans des organisations professionnelles par solidarité, pour défendre la place de l’agriculture de manière à conserver un certain équilibre sur le territoire et pour rester au fait des actualités du secteur et des dernières évolutions.
Un engagement qui constitue une bonne école de développement personnel. Ces organismes sont aussi l’occasion d’échanger, de se confronter, mais aussi de participer et d’initier des dynamiques de groupes.

Quels sont les défis auxquels doivent faire face les agriculteurs et éleveurs de notre département ?

La pression foncière, l’accès au foncier est le principal handicap pour l’installation et la préservation des exploitations agricoles. Les opportunités  sont rares et les prix inabordables pour un jeune agriculteur sans appui des collectivités territoriales.

Quels sont les dispositifs qui peuvent les aider à préserver et pérenniser leur activité

Nous travaillons, avec les organisations agricoles, à la promotion l’agriculture auprès des collectivités locales et à les impliquer  sur toutes  les questions liées au foncier.

La commercialisation de produits de qualité  en circuits courts (vente directe, commerces de proximité, restauration, restauration collective…), est la meilleure opportunité pour les agriculteurs leur permettant de dégager un revenu satisfaisant sur de petites surfaces.

L’engagement des consommateurs est primordial.

L’achat en direct de produits locaux, au-delà d’un rapport qualité/prix intéressant et d’une garantie de fraicheur pour le consommateur,  permet également de soutenir l’agriculture départementale,  les emplois et les activités économiques induits, de réduire les achats de produits nécessitant des transports importants, d’entretenir nos paysages, de garder un repère culturel  et un peu de nos racines…

?

 

A découvrir aussi